À la découverte du patrimoine de Pont Saint Martin
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Le cimetière
Cette parcelle de terrain fut acquise le 6 novembre 1859 avec une autorisation de déplacement le 1er mars 1860. Le cimetière situé à l’origine autour de l’église était devenu trop petit.
L’ordonnance royale du 10 mars 1776 interdit l’inhumation dans les églises et le décret impérial du 12 juin 1804 interdit l’inhumation dans l’enceinte des villes et des bourgs. « Il y aura hors de chaque ville ou bourg à la distance de 25 à 40 m au moins de leur enceinte, des terrains spécialement consacrés à l’inhumation des morts »
Le conseil municipal de la commune a accepté difficilement la translation du cimetière. A une lettre du Préfet, le conseil municipal répond : « Le cimetière restera tel qu’il est, dans le même endroit où il existe actuellement. » Mais la loi c’est la loi, après plusieurs échanges infructueux et des années plus tard, le cimetière, après l’achat d’un nouveau terrain finit par être déplacé. La translation est ordonnée par arrêté du préfet, le conseil municipal de la commune ayant été entendu.
De l’ancien cimetière, ne restent qu’un puits et un pan de mur de clôture. La croix du monument aux morts qui se trouvait dans le cimetière de l’église fut également déplacée le 20 octobre 1861.
On peut constater que le monument aux morts est assez sommaire, avec un socle en granite surmonté d’une croix en fer peinte en blanc, avec en son centre un bas-relief représentant la descente de la croix de Jésus-Christ. Sur la face avant du monument aux morts, une stèle en marbre blanc a été chevillée sur le socle en granit. On peut y lire une inscription gravée en lettres dorées, « Aux morts de la guerre, 1914 1918 ».
Sur la face arrière du monument, 2 plaques ont été chevillés sur la stèle en granit. Une plaque en marbre blanc, décorée d’une branche d’olivier, commérant en les listant les Martipontains morts pour la France lors de la guerre 1939 – 1945. Et une plaque plus sobre en marbre noir commérant un soldat mort pour la France pendant la guerre d’Algérie.
L’objectif de ce monument aux morts est de se souvenir de ceux qui sont morts au combat et de rendre honneur à leur mémoire. Un illustre personnage, un peu oublié de l’histoire repose dans ce cimetière, Il s’agit du général Charles Victor Jacquot, héros de la grande guerre, général de division trois étoiles, l’un des plus hauts commandements de l’armée.
Il s’est illustré au cours de la Première Guerre mondiale. À l’aube du conflit, il est colonel du 107e régiment d’infanterie. Il se distingue à plusieurs reprises, le 22 août 1914, lors de combats à Harfontaine en Belgique ou lors de la bataille de la Marne, quelques semaines plus tard.
Fort de ses faits d’armes, il est promu général de brigade le 27 octobre 1914 et prend la tête, le 6 novembre de la même année, de la 6e division d’infanterie remplaçant un certain Philippe Pétain appelé, à d’autres commandements.
Le général est posté avec une armée d’occupation en Allemagne, il y meurt en 1922, à 59 ans, de séquelles dues aux inhalations de gaz moutarde, à Verdun.
C’est sa femme qui a rapatrié le corps à Pont Saint Martin. Elle venait de la haute société nantaise. Son père était pharmacien. Charles Jacquot, lui, c’était un péquenaud, s’amuse Laurent Barba son propre arrière-petit-fils, qui réside aujourd’hui en Normandie. Son père était paysan mais aussi maire du village de la Bourgonce. Apparemment, pendant la guerre contre les prussiens en 1870, il aurait été collé au mur et menacé d’être fusillé. Qui sait, c’est peut-être ce qui a déclenché la vocation militaire de Charles…
Pour l’époque, faire l’école militaire de Saint-Cyr, compte tenu du milieu social, c’était un vrai prestige pour la famille. Son arrière-petite-fille, Véronique Bardon savait qu’il était enterré là raconta-t-elle. Et c’est dans cet anonymat qu’a séjourné, pendant plus d’un siècle, Charles Victor Jacquot.