À la découverte du patrimoine de Pont Saint Martin
Découvrez les lieux emblématiques de Pont Saint Martin à travers un parcours imaginé par le Conseil des Sages. Scannez les QR Code sur les panneaux pour en apprendre plus à chaque étape.
L’Ognon
A Pont Saint Martin, l’Ognon, notre rivière, se jette dans le lac de Grand Lieu. Née à Saint-Sulpice de Verdon en Vendée un peu au-dessus du village de la Bégaudière à une attitude de 72 m, l’Ognon s’écoule d’abord vers le nord, traversant les communes de Saint-André-Treize Voies, Vieillevigne, La Planche, Montbert, Le Bignon. Et c’est après avoir longé le village de Viais qu’il décide de changer de cap et de se diriger plein ouest dans le lac de Grand Lieu traversant ainsi Pont Saint Martin après une promenade d’environ 40 km.
Cependant, le lit de l’Ognon n’est à Pont Saint Martin qu’à 2 ou 3 mètres au-dessus du niveau de la mer dans les marais près de la rivière, l’île d’Herbonne n’étant qu’à 4 mètres. Les niveaux d’eau de la rivière suivent ceux du lac, les eaux du lac rejoignent la Loire par l’intermédiaire de l’Acheneau.
Sur notre territoire, l’Ognon est principalement grossi d’amont en aval par cinq ruisseaux :
- Celui qui longe la Basse Vincée (la Filée) rejoint l’Ognon au parc du même nom juste après l’étang
- Celui dit de la Roussetière, arrivant de Viais, retrouve l’Ognon au-dessus de la Grande Etourmière, en contrebas de l’allée cavalière
- Celui dit de la Crâ se jette dans le ruisseau de la Patouillère entre les Barreaux et la Rairie.
- Celui dit de la Patouillère arrivant de Château Bougon rejoint l’Ognon à côté de la passerelle le long des prés Moreau après avoir reçu le ruisseau de la Crâ et un autre sans nom.
- Celui venu de la Gauchoux en Saint-Aignan passe entre la Moricière et la Marsoire pour finir sa course le long de la rue du Moulinier. Il déverse ses eaux dans le ruisseau de la Patouillère longeant l’étang qui se trouve au bout de cette rue.
De rivière calme à la belle saison, elle peut l’hiver et au printemps recevoir du bassin versant une très importante quantité d’eau qui s’écoule trop lentement, la pente étant trop faible, inondant alors les marais et pré-marais.
Cet état explique pourquoi, au cours des siècles passés, de nombreuses inondations se sont produites perturbant l’exploitation des marais, cultures et pacage d’animaux, ainsi que le trafic fluvial.
Les crues de la Rivière « Ognon »
Ces crues sont une conjonction de 3 phénomènes : une crue de la Loire, un niveau d’eau maximum sur le lac de Grandlieu et des pluies importantes sur le bassin versant.
Au début du XVème siècle, une succession de crues importantes provoque inondations et émotions populaires : 1401, 1406, 1408, 1410, 1414, 1415…
C’est au XVIIIème siècle que le travail humain de canalisation a profondément modifié la vie du lac. Au nord, le creusement du canal de l’Acheneau va permettre de réguler les flux. Le mot Acheneau trouve son origine dans chenal. Les eaux du Lac et le Tenu forment l’Acheneau qui bifurque vers la Loire par le Canal de Buzay. Le canal de Buzay est creusé entre 1720 et 1775 à l’initiative des Binet de Jasson, seigneurs locaux, afin de faciliter le transport de marchandises entre le pays de Retz et le port de Nantes. Comme il traverse le domaine de l’abbaye de Buzay, l’abbé commendataire François Lefebvre de Caumartin donne son accord pour la création de la Société du Canal de Buzay (ordonnance royale du 14 février 1713).
Malgré ces travaux, d’autres crues ont été ravageuses avec des cotes d’alerte importantes : hiver 1852/1853, le 18 janvier 1853 le lac est monté à la cote de 4m25 ; hiver 1859/1860 : plusieurs ouragans, des pluies violentes et continues ont conduit à une submersion complète du pays, rester stable un temps puis reprendre sa montée pour atteindre 3m90 ; enfin décembre 1872 : crue hivernale importante, la Loire atteint 6m44 à Ancenis, 4m55 cote de Buzay soit plus de 2m au-dessus des cotes hivernales moyennes. A Pont-Saint-Martin, une plaque métallique montre le niveau atteint par l’Ognon.
L’Ognon est jusqu’au 19e siècle l’axe commercial privilégié de Pont Saint Martin, les matériaux tels que le sable, chaux, grosses pierres de tuffeaux, graviers et fumier de ville, arrivent de Nantes par bateau via la Loire, l’Acheneau, le lac de Grand-Lieu et l’Ognon navigable jusqu’au pont Utrillo près duquel un port est aménagé.
Des objets trouvés au 20ème siècle, sur la commune de Pont Saint Martin, dans l’Ognon ou au bord comme une épée en bronze datée de l’âge de bronze final (au niveau du bateau à chaînes) et une pirogue monoxyle vers le Moulin Robert, montrent une occupation humaine très ancienne dans tout ce versant. Les Dames de Pierre dans les près Moreau en attestent.
La gestion de l’eau dans le Pays de Retz est une gestion ancestrale. Mais que ce soit aux temps des moines ou aujourd’hui, l’objectif de la gestion hydraulique est le même : tirer les meilleurs bénéfices de l’eau sans en subir trop de conséquences pour l’homme. Ainsi l’Ognon, la Boulogne et le lac de Grand Lieu sont gérés hydrauliquement par le Syndicat de Grand Lieu Estuaire (SGLE) créé en 2023 à la suite de la dissolution du Syndicat d’Aménagement hydraulique Sud Loire et l’intégration d’une partie de son périmètre à celui de l’ancien Syndicat du bassin versant de Grand Lieu.
Plus récemment, l’Ognon connaîtra des pollutions à répétition. Le 10 novembre 2004, 300 kilos de poissons morts seront retirés de la rivière entre la passerelle près de la maison de retraite et le pont des Romains. Le 2 avril 2009, ce sont 15000 poissons morts qui sont retirés à la suite de la présence dans l’eau d’un puissant pesticide toxique (ONEMA). Le 19 septembre 2009, c’est une pollution organique naturelle due à la période d’étiage qui est la cause d’une nouvelle pollution.
Cependant l’Ognon est bordé de végétation persistante aux abords et après le Pont Utrillo, dans les pré Moreaux il est possible d’y trouver une plante aussi originale que rare : la « Fritillaire Pintade »